À quoi pourrait ressembler la filière viande bovine à l’horizon 2040

La viande de bœuf est une préoccupation majeure pour les Français, et pour cause, elle est un incontournable de la gastronomie française. Pour avoir une idée de ce qu’elle deviendra, une étude a été menée pour essayer de savoir ou de prévoir comment se portera la filière viande bovine à l’horizon 2040. Les changements climatiques, les politiques et les orientations de la distribution, les accords commerciaux, et l’évolution des systèmes de production sont autant d’éléments qui pourraient avoir une influence dans la filière dans les années à venir. Au cours de cette étude, des hypothèses ont été formulées et cinq scénarios ont été retenus.

Repli national dans un contexte de crise économique et énergétique

Lorsque le prix du pétrole augmente, on remarque que la production et la consommation sont affectées. La consommation de viande diminue, car le citoyen consommateur de viande est avant tout inquiet et préoccupé par la chute du pouvoir d’achat. Le repli s’aperçoit donc lorsque les restaurateurs et grands consommateurs de viande se tournent vers les éleveurs locaux, car les importations d’Amérique du Sud deviennent très chères, à cause du fait que le coût du transport n’est pas des moindres. On note donc un allègement au niveau ou une suppression des distorsions de concurrence intracommunautaires sur le plan social et environnemental qui causait du tort aux entreprises de la filière viande bovine. Malgré ces mesures, il est clair qu’on est face à une diminution de ces entreprises, et on assiste à la mise en place des groupes de soutien pour l’activité des éleveurs.

Viande à bas coût et importation dans un contexte de crise économique et de limitation des gaz à effet de serre

Dans un contexte de crise mondiale, on assiste à la baisse de l’activité économique. La priorité est donnée à la préservation de l’environnement et à la limitation des gaz à effet de serre, ce qui entraîne la mise en place d’un cheptel national favorisant l’intensification de l’élevage. Dans un contexte si flou, les consommateurs ne se procurent de la viande que par pure nécessité. Il s’en suit une chute de la consommation de la viande bovine dans toute l’étendue du territoire national et le marché s’effondre !

Montée en gamme sous fortes contraintes sanitaires et sociétales

Le monde réussit à stabiliser la crise. Mais les changements climatiques causent de nouvelles maladies bovines, ce qui entraîne les consommateurs à prioriser la qualité. La santé et le bien-être de l’animal sont les maîtres mots. Des techniques de production de qualité et saines sont mises sur pied, et la viande provenant de la France est agréable, bien que chère.

Concentration et intensification à l’herbe et différentiation dans un marché international freiné par le coût de l’énergie

La situation mondiale sur le plan financier et économique est stable, la population est croissante, ce qui entraîne une demande plus grande en viande bovine. L’augmentation des prix des énergies fossiles freine les échanges dans un contexte de préservation de l’environnement et de lutte contre les gaz à effet de serre.

Résultat : les échanges internationaux se compliquent, car les normes de bien-être animal compliquent leur transport sur de longues distances. L’élevage basé sur l’utilisation intensive de l’herbe est plus compétitif. La filière viande bovine se reconstruit pour s’axer sur la qualité et la sécurité sanitaire de la viande.

Filière organisée et innovante avec une offre segmentée dans un marché mondial porteur

La situation financière et économique est stabilisée, la population est de plus en plus dynamique, et la demande en viande bovine augmente avec une croissance des échanges internationaux. Pour la préservation de l’environnement et la sécurité sanitaire, la filière s’organise et communique au consommateur la provenance de la viande qu’il consomme, quel que soit le circuit de distribution, l’innovation est au rendez-vous !